Ma mamounette

*Cet article a été écrit en janvier 2016, mais j’avais envie de le publier sur ce blog*

Le 25 janvier dernier, je reçois un appel de mon père en larmes. Il me dit : “C’est maman, elle est à l’hôpital”. N’arrivant plus à parler, il me passe ma tante (la sœur de ma mère). Elle m’explique que son aorte a pété qu’elle est opérée en urgence à l’hôpital de Sion (Valais).
J’en crois pas mes oreilles, je me mets à pleurer au téléphone. Maman, c’est impossible, pas toi.
Je rejoins mon père chez lui dans l’après-midi afin de le soutenir autant que je peux. Je n’arrête pas de pleurer, je revois maman, toute joyeuse, je relis le dernier sms qu’elle m’a envoyée, je regarde sa photo de profil whatsapp, et je m’effondre encore.
J’arrive chez mes parents, je suis rejointe par mon frère et sa famille quelques minutes plus tard, mais entre temps, j’ai pu voir mon père complètement perdu, se demandant ce qu’il va faire, qui il doit appeler, quel rendez-vous il doit annulé et pleurer car il se sent impuissant face à tout ce qui arrive.
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On est tous là, présent pour lui, mais qui est présent pour moi… On passe un après-midi tranquille. Vers 16h, on fait goûter mes neveux, et mon père en profite pour appeler les soins intensifs pour avoir des nouvelles de ma mère. Tout va bien, elle se réveille gentiment et réponds bien aux questions du médecin et elle respire sans assistance. On est tous soulagé, je le ressens.
Mon frère finit par rentrer chez lui et malgré mon insistance auprès de mon père pour rester avec lui cette nuit, je finis également par rentrer chez moi. La nuit fût agitée et très humide.
Le lendemain, sachant que mon père allait retourner voir ma mère à l’hôpital, mon regard ne quitte pas mon téléphone. Espérant recevoir de bonnes nouvelles. L’angoisse monte au fur et à mesure que les heures passent. Puis en début d’après-midi, mon père me confirme que ma mère se porte bien. Je pleure de soulagement.
Ayant pu prendre congé vendredi, je monte voir ma mère tranquillement. Et là, je peux enfin la voir, elle m’a tellement fait peur. Elle m’a tout appris sauf à vivre sans elle. Quand je la vois, j’ai l’impression de voir ma grand-mère (sa maman), c’est fou comme elle lui ressemble de plus en plus. Elle est contente de me voir également et je suis soulagée de voir qu’elle va bien, qu’elle n’a aucune séquelle et qu’elle s’en remettra vite.
A une décision prêt, je perdais ma mère.  Le plus dur a été de ne pouvoir lui parler, ni la voir pendant les quelques jours qui ont suivi l’opération. Ne pouvant parler correctement et n’ayant pas son portable avec elle, il m’était impossible de la contacter, d’entendre sa voix. Et c’est, pour moi, ce qui a été le plus dur. J’avais besoin de l’entendre, de la voir, pour me sentir mieux. Et c’est ce que j’ai ressenti en la voyant vendredi.
Aujourd’hui, soit pratiquement 2 ans après cette mésaventure, elle se porte à merveille. La seule trace de cette histoire, c’est la longue cicatrice qu’on aperçoit lorsqu’elle porte des décolletés.
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